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Comprendre et calculer la section de câble selon la norme NF C 15-100

Guide technique rédigé par des ingénieurs en génie électrique · Mis à jour en 2026

1. Introduction : l'importance de la section de câble pour la sécurité électrique

Chaque année en France, on recense environ 50 000 incendies d'origine électrique, dont une part significative est directement imputable à un dimensionnement inadapté des câbles. Le choix de la section de câble n'est pas un détail technique : c'est un enjeu de sécurité des personnes et des biens.

Un câble sous-dimensionné par rapport au courant qu'il doit transporter subit un échauffement anormal. Cet échauffement dégrade progressivement l'isolant du conducteur, augmente le risque de court-circuit et peut, dans les cas les plus graves, provoquer un départ de feu. À l'inverse, un câble surdimensionné représente un surcoût inutile en matière première (cuivre ou aluminium) et en main-d'œuvre.

La norme NF C 15-100 est le référentiel français qui régit les installations électriques basse tension dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Elle impose des règles strictes sur le choix des sections de câble en fonction de l'intensité admissible, du mode de pose (encastré, en chemin de câble, enterré…) et de la chute de tension maximale autorisée.

Ce guide vous fournit les bases théoriques, la méthodologie de calcul et des exemples concrets pour dimensionner correctement vos câbles. Pour un calcul instantané, utilisez notre calculateur de section de câble en ligne.

2. Aspect théorique : la Loi d'Ohm et la résistivité des conducteurs

2.1 La Loi d'Ohm appliquée aux câbles

La Loi d'Ohm est le fondement de tout calcul électrique. Elle établit la relation entre la tension (U, en Volts), l'intensité (I, en Ampères) et la résistance (R, en Ohms) d'un conducteur :

U = R × I

Tout conducteur électrique possède une résistance intrinsèque qui s'oppose au passage du courant. Cette résistance provoque une chute de tension (ΔU) entre le point de départ et le point d'arrivée du câble. Plus le câble est long et plus sa section est faible, plus cette chute de tension est importante.

2.2 La résistance d'un conducteur : rôle de la résistivité (ρ)

La résistance R d'un câble dépend de trois paramètres physiques :

  • La résistivité du matériau (ρ), exprimée en Ω·mm²/m
  • La longueur du câble (L), en mètres
  • La section du conducteur (S), en mm²
R = ρ × L / S

Les deux matériaux les plus utilisés en câblage électrique sont :

🟠 Cuivre (Cu)

ρ = 0,0225 Ω·mm²/m
Excellent conducteur. Matériau de référence pour les installations domestiques et industrielles. Très bonne conductivité, résistant à la corrosion, mais coût élevé.

⚪ Aluminium (Al)

ρ = 0,036 Ω·mm²/m
Conductivité inférieure au cuivre (environ 60%), mais beaucoup plus léger et économique. Utilisé principalement pour les lignes aériennes et les grandes sections (câbles de branchement).

En pratique, pour une même capacité de transport de courant, un câble en aluminium doit avoir une section environ 1,6 fois supérieure à celle d'un câble en cuivre. Pour approfondir ce comparatif, consultez notre article Cuivre vs Aluminium : quel matériau choisir ?.

3. Méthodologie : calculer la chute de tension maximale autorisée

3.1 Les seuils réglementaires

La norme NF C 15-100 fixe des limites de chute de tension entre l'origine de l'installation et le point d'utilisation :

  • 3 % maximum pour les circuits d'éclairage
  • 5 % maximum pour les autres usages (prises de courant, moteurs, chauffage)

Au-delà de ces seuils, les appareils connectés en bout de ligne reçoivent une tension insuffisante, ce qui peut provoquer un dysfonctionnement (scintillement d'éclairage, surchauffe de moteurs) ou une surconsommation.

3.2 La formule de calcul de la chute de tension

Pour un circuit monophasé (230 V), la chute de tension se calcule ainsi :

ΔU = 2 × ρ × L × I / S

Pour un circuit triphasé (400 V entre phases), la formule devient :

ΔU = √3 × ρ × L × I / S

Où :

  • ΔU = chute de tension en Volts
  • ρ = résistivité du matériau en Ω·mm²/m (0,0225 pour le cuivre, 0,036 pour l'aluminium)
  • L = longueur simple du câble en mètres
  • I = intensité du courant en Ampères
  • S = section du conducteur en mm²

3.3 Déduire la section minimale

En inversant la formule, on obtient directement la section minimale de câble nécessaire pour respecter la chute de tension autorisée :

S = 2 × ρ × L × I / ΔUmax (monophasé)

S = √3 × ρ × L × I / ΔUmax (triphasé)

La section calculée doit ensuite être arrondie à la section normalisée supérieure disponible dans le commerce : 1,5 mm², 2,5 mm², 4 mm², 6 mm², 10 mm², 16 mm², 25 mm², 35 mm², 50 mm², 70 mm², 95 mm², 120 mm², etc.

4. Cas pratiques

⚡ Exemple 1 : Branchement d'une maison individuelle en monophasé

Données du problème :

  • Puissance souscrite : 9 kVA (soit I = 9000 / 230 = 39,1 A)
  • Longueur du branchement : 25 mètres (du compteur au tableau)
  • Matériau : Cuivre (ρ = 0,0225)
  • Chute de tension maximale : 5 % de 230 V = 11,5 V

Calcul :

S = 2 × 0,0225 × 25 × 39,1 / 11,5
S = 2 × 0,0225 × 25 × 39,1 / 11,5
S = 44,025 / 11,5
S = 3,83 mm²

Résultat : La section calculée est de 3,83 mm². En arrondissant à la section normalisée supérieure, on choisit un câble de 6 mm² en cuivre. Ce résultat est cohérent avec les prescriptions habituelles d'ENEDIS pour un branchement individuel de 9 kVA.

🏭 Exemple 2 : Alimentation d'un moteur triphasé industriel

Données du problème :

  • Puissance du moteur : 15 kW
  • Tension : 400 V triphasé
  • Cos φ : 0,85
  • Intensité : I = 15000 / (√3 × 400 × 0,85) = 25,5 A
  • Longueur du câble : 80 mètres
  • Matériau : Cuivre (ρ = 0,0225)
  • Chute de tension max : 5 % de 400 V = 20 V

Calcul :

S = √3 × ρ × L × I / ΔUmax
S = 1,732 × 0,0225 × 80 × 25,5 / 20
S = 79,5 / 20
S = 3,97 mm²

Résultat : La section calculée est de 3,97 mm². En section normalisée, on choisit 4 mm². Cependant, il faut également vérifier que cette section est suffisante en termes de courant admissible (intensité maximale que le câble peut supporter en continu sans échauffement excessif). Pour 25,5 A en mode de pose encastré, un câble de 4 mm² en cuivre est conforme (courant admissible ≈ 32 A selon la NF C 15-100, tableau 52H).

5. Conclusion : dimensionnez vos câbles en toute confiance

Le dimensionnement de la section de câble est une étape fondamentale de toute installation électrique. Il repose sur des principes physiques simples — la Loi d'Ohm et la résistivité des matériaux — mais nécessite de respecter scrupuleusement les seuils réglementaires de la norme NF C 15-100.

Les deux critères à vérifier obligatoirement sont :

  1. La chute de tension ne doit pas dépasser 3 % (éclairage) ou 5 % (autres usages)
  2. Le courant admissible du câble doit être supérieur au courant d'emploi du circuit

En cas de doute, choisissez toujours la section supérieure. Le surcoût est minime comparé au risque d'un échauffement ou d'un incendie.

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