Dalle en béton bas carbone et calcul de l’empreinte Carbone (IC construction RE2020)
Le béton au cœur du système de calcul IC_construction
Dans le cadre de la RE2020, l'impact carbone sur le cycle de vie des produits de construction est mesuré via l'indicateur IC_construction, exprimé en kg CO₂eq/m² de surface de plancher. Le gros-œuvre (fondations, dalles, voiles) représente à lui seul entre 50 % et 70 % de l'empreinte carbone de la structure hors lots fluides.
Composition des ciments bas carbone : CEM I vs CEM II vs CEM III
Le levier majeur de décarbonation du béton réside dans le remplacement du clinker (fortement émetteur lors de sa cuisson à 1450 °C) par des additions minérales (laitier moulu de haut-fourneau, cendres volantes, argiles calcinées).
| Type de ciment | Taux de clinker | Émission moyenne (kg CO₂/tonne) | Économie carbone vs CEM I |
|---|---|---|---|
| CEM I (Portland pur) | ≥ 95 % | ≈ 850 kg | Réf. (0 %) |
| CEM II/A ou B (laitier/calcaire) | 65 à 80 % | ≈ 550 à 650 kg | -25 % à -35 % |
| CEM III/A ou B (haut fourneau) | 20 à 50 % | ≈ 200 à 350 kg | -60 % à -75 % |
Impact sur le chantier et conseils de mise en œuvre
L'utilisation de bétons bas carbone à base de ciment CEM III présente des spécificités physiques que l'ingénieur et le chef de chantier doivent anticiper :
- Cinétique de prise plus lente : le développement de la résistance mécanique à jeune âge (2 à 7 jours) est plus lent. Le décoffrage des dalles doit être différé ou maintenu avec un étaiement adapté.
- Sensibilité à la dessiccation : nécessité absolue d'appliquer un produit de cure par pulvérisation dès la fin du talochage pour éviter la fissuration plastique précoce.
- Excellente durabilité chimique : très forte résistance aux agressions des sulfates et aux milieux marins (classes XF et XS).
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